2017/08/22


Les contours du corps, cet espace à géométrie variable entre le dedans et le dehors, ne sont en rien une surface étanche. Ils se définissent visiblement d’un côté; la surface de l’épiderme, le corps dans sa masse, son rapport à l’espace. Mais quelles épaisseurs de l’autre côté ? Jusqu’où la porosité ?
Quelle est la capacité de notre derme à cicatriser, à rejeter les éléments toxiques ? à s’assouplir ? Notre enveloppe comme une carte topographique en volume mais retourné, mise à l’envers ; les reliefs s’accroissant vers l’intérieur. Et les terrains sont en variations continuelles.

La théorie des ensembles commence en et par l’individu même. Entre ce qu’il détient, ce qu’il croit détenir, ce qu’il lâche et ce qu’il laisse entrer, ce qu’il ne voit pas entrer, ce qu’il endigue. Et se cristallise par endroit on ne sait trop quoi, des pierres angulaires, des implants invisibles que seulement on touche, des creux, des boursoufflures, des plis.
Le mondes qui nous entourent - autres membranes - possèdent aussi ces espaces de porosité sans cesse en mouvement. Les contours des individus entre eux et ceux des ensembles sociétaux s’interpénètrent, se frottent, s’absorbent, se clivent. Avec quelle présence faisons-nous affaire ?
Nous sommes dés lors confrontés à cette variable des vitesses, des rythmes, des durées entre l’intérieur et l’extérieur, l’intime et le public, les extimes, le visible et l'opaque. Construire un espace entre. Un rétropédalage en quelque sorte. Une hétérotopie sans doute

Ce que je questionne, c’est la dynamique de l'enveloppe, loin du simple réceptacle ; comment elle fonctionne, se crée, se lie, se fait passage.Celle du privé et celle du public. Celle de notre intime, de notre réalité et celle des mondes nous entourant, circonvolutions infinis, au-delà de nos territoires, allant peut-être jusqu’à la source et s’inter-croisant, parfois ; des intersections. Redéfinissant sans cesse nos territoires, nos frontières, nos bords, nos passementeries. Et lorsque les ensembles se séparent, que reste-t-il ? Des traces, des marques, des cicatrices, des vestiges, des ponctuations ?
Certainement une gageure que de chercher à vouloir lui en donner une forme. Ou simplement un jeu. Définissant les règles au fur et à mesure.

IF 2016

2016/07/04










"Sans titre" 2016
60cm/60cm. Gouache, aquarelle, craie sèche, crayons de couleur.





2016/07/03















"frontière" 2016
45cm/45cm. Gouache, aquarelle, crayons de couleur.


















"Sans titre" 2016
70cm/87cm. Gouache, aquarelle, crayons de couleur










"Là ou le coeur flanche" 2015
100cm / 68cm. Gouache, aquarelle, craie sèche, crayon de couleur.